Bâton d’Euclide

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Il était une fois, en Alexandrie, Euclide, un géomètre qui avait pour habitude de donner ses cours avec en main un bâton. Ce seul instrument lui servait à beaucoup de choses, et en particulier à convaincre ses élèves de quelques propriétés d’un monde que nous connaissons bien puisqu’en première approximation nous y circulons : et c’est le monde euclidien.

Ce bâton était pour Euclide à la fois un sceptre, une règle, une métaphore, un doigt, un crayon pour tracer des figures dans le sable, et sans doute aussi un bâton à usage coercitif. Le bâton d’Euclide était pour tous le symbole du savoir qu’on transmet. Du reste, les plus anciens d’entre vous se souviennent peut-être que dans leur enfance, les enseignants des petites classes manipulaient de semblables objets, en l’espèce de longues baguettes à section carrée, aux multiples et redoutables usages.

Un jour, Euclide en eut assez d’enseigner. Il voulut disparaître dans le désert. Avant de partir, il transmit son bâton à celui d’entre ses étudiants qu’il appréciait le plus : Aristarque de Samos, bien connu des astronomes pour ses études sur les mouvements des corps célestes (Traité sur les grandeurs et les distances du Soleil et de la Lune circa 280 av. JC).

Voici ce que nous raconte monsieur Luminet, « astrophysicien, écrivain et poète » (Wikipedia), dans un ouvrage intitulé justement Le bâton d’Euclide. Ce même monsieur Luminet a reçu il y a quelques années, un avatar de ce fameux bâton. C’est Jean-Yves Empereur, archéologue et grand fouilleur de l’antique Alexandrie, qui le lui a légué, après l’avoir non point trouvé dans la vase du port, mais reçu des mains de gens comme vous et moi, qui entendaient, en instaurant une cérémonie annuelle centrée sur le passage de ce vénérable bâton, recréée pour l’occasion, célébrer la transmission du savoir en honorant quelques esprits vastes et bienveillants.

Théo Efstathiou, président de l’Association Kalimera : « Dans son livre, Jean Pierre Luminet aurait bien aimé que le bâton revienne aux mains de Nicolaus Copernic, médecin et astronome, digne successeur d’Aristarque de Samos – ce qui aurait été bien justifié. Dans mon imagination (on peut toujours rêver), le bâton d’Euclide disparaît lors de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie en 640 après JC., puis réapparaît grâce à une grande découverte du célèbre archéologue Jean-Yves Empereur en 2003. C’est alors, en 2003, que j’ai proposé à Jean-Yves Empereur de faire “renaître” le Bâton d’Euclide et remettre au goût du jour le principe de la Transmission du Savoir. Françoise Galbrun, plasticienne de talent et membre de l’Association KALIMERA, a matérialisé le bâton d’Euclide, fruit de sa pure imagination. »

Tout naturellement le premier Bâton revenait à cet athlète du savoir : Jean Pierre Luminet, astrophysicien, écrivain et poète.

Le nouveau « Corps d’Euclidiens » a été créé.
Depuis 2013, il comporte sept membres :

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2003 : Jean-Yves Empereur, archéologue.
 
 

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2004 : Jean-Pierre Luminet, astrophysicien.
 
 

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2005 : Jacques Lacarrière, écrivain.
 
 

Jacques Lacarrière est un écrivain français connu pour ses récits de voyage, notamment en Grèce. En 1991, il reçoit le Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Écrivain voyageur, à propos du voyage, il déclare : « Ma philosophie, c’est le contraire de celle de l’escargot : ne jamais emporter sa demeure avec soi, mais au besoin apprendre à habiter celle des autres qui peuvent aussi habiter la vôtre. » Il est mort à Paris le 17 septembre 2005. Ses cendres ont été dispersées au large de Spetses, en Grèce. Il a été membre du jury du prix Alexandra-David-Néel/Lama-Yongden.

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2006 : Stylianos Nicolaidis, neurochirurgien.
 
 

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2009 : Costa Gavras, cinéaste.
 
 

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2010 : Yannis Kokkos, scénographe.
Relation de la transmission du bâton.
 

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2013 : Angélique Ionatos, compositrice.
 
 

À l’occasion de cette remise, il fut communiqué ce qui suit : « Le samedi 3 novembre, à la Chambre des métiers et de l’Artisanat d’Ille-et-Vilaine, à Rennes, a été transmis pour la sixième fois le célèbre Bâton, qui commence à faire parler de lui jusque dans la presse. Yannis Kokkos, récipiendaire du Bâton 2010, a remis la statuette à Angélique Ionatos. Compositrice, chanteuse, guitariste, madame Ionatos est célèbre bien au-delà des cercles hellénophiles. Habituée des Prix de l’Académie Charles Cros, elle a souvent porté en musique les œuvres d’Odysséas Elýtis : Marie des Brumes (Maspero, 1982) – Le monogramme (Fata Morgana, 1997) – Dit de juillet (1991). La poésie, qui est peut-être bien la forme la plus aboutie de la littérature, et la musique, qui est reconnue comme le plus puissant de tous les arts, sont intimement faites l’une pour l’autre. Quand ces deux-là s’entrelacent, elles produisent une magie qui emporte tout, et qui crée du neuf : les émotions, les pensées s’envolent et vont très loin, l’auditoire se bonifie, chaque personne renforce son humanité… L’œuvre du poète, visitée par la musicienne, devient ainsi un monument nouveau, et à qui alors appartient cet enfant ? À nous tous, évidemment, et aux êtres qui nous suivront ; c’est là notre héritage. Voilà pourquoi Angélique était naturellement digne de recevoir le Bâton du vieil Euclide. »

FIN

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